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Agent de voyages : comment développer son personal branding ? [ABO]

Dossier spécial personal branding


Longtemps associé aux influenceurs et aux créateurs de contenu, le personal branding gagne désormais les professionnels du tourisme. Pour un agent de voyages, un dirigeant d’agence ou un expert destination, il ne s’agit pas de devenir une « star » des réseaux sociaux, mais de rendre visible son expertise, son regard et sa personnalité. Une démarche qui peut renforcer la confiance, accélérer la relation commerciale et devenir un véritable avantage concurrentiel.


Rédigé par le Lundi 28 Septembre 2026 à 06:56

1. Commencer par définir ce que l’on veut incarner

Agent de voyages : comment développer son personal branding ? - Depositphotos.com Auteur Studciostock
Agent de voyages : comment développer son personal branding ? - Depositphotos.com Auteur Studciostock
Avant de publier, il faut savoir ce que l’on souhaite que les autres associent à son nom.

« Le personal branding constitue le résumé que les autres peuvent lire d’un professionnel quand celui-ci n’est pas dans la pièce », explique Stanislas Lucien, directeur associé de Travel Insight et fondateur de Hautevoix, agence dédiée au personal branding.

L’objectif n’est donc pas de parler de tout, mais de construire une ligne éditoriale cohérente.

Être identifié comme spécialiste d’une destination, expert d’un type de voyage ou observateur du secteur permet de créer un territoire d’expression.

Pour Jessica Sorin, fondatrice et CEO du groupe Manaventura, spécialiste de la Polynésie, cette réflexion a été essentielle : « Le travail sur notre image de marque nous a permis d’identifier ce qui nous différenciait, de renforcer notre positionnement d’expert de la Polynésie et d’assumer pleinement ma prise de parole. »


2. Ne pas chercher à devenir influenceur

Le personal branding n’impose pas de reprendre les codes des créateurs de contenu grand public. Un professionnel du tourisme n’a pas besoin de multiplier les vidéos artificielles ou les mises en scène.

« La clé, selon moi, c’est de rester soi-même. Copier quelqu’un d’autre ne fonctionne pas », estime Pierre Doucet, fondateur de Terre d’Ailleurs.

Après avoir expérimenté les codes classiques des réseaux sociaux, il a choisi une approche plus personnelle : « Au début, tout le monde montrait des voyages, des week-ends, une vie très mise en scène. Je me suis rendu compte qu’on finissait tous par faire la même chose. Aujourd’hui, je fais surtout du Pierre Doucet, sans chercher à correspondre à une image idéale. »

Même logique pour Myriam Tord, responsable adjointe de Versailles Voyages et cofondatrice du Helpdesk Officiel des Pros du Tourisme. Sa présence sur LinkedIn est née d’une volonté simple : expliquer un métier souvent mal compris.

« Les agents de voyages souffrent d’un manque de visibilité et de représentation. Les gens ne connaissent pas notre métier, mais on ne peut pas leur en vouloir : qui parle réellement de ce que nous faisons et de notre valeur ajoutée ? »

3. Publier du contenu utile, pas simplement visible

La réussite d’un personal branding repose moins sur la quantité que sur la pertinence des contenus.

Chez Manaventura, les publications qui fonctionnent le mieux répondent directement aux questions des voyageurs.

« Nous ne publions pas pour publier. Chaque contenu répond à une question que se pose un voyageur : budget, itinéraires, hébergements, culture locale ou erreurs à éviter, souligne Jessica Sorin. La clé pour émerger repose sur trois choses principales : l’expertise, la régularité et l’authenticité. »

Pour Myriam Tord, les meilleurs contenus viennent également du terrain : « Cela peut venir d’une problématique rencontrée au Helpdesk, d’une discussion pendant un workshop ou d’une situation vécue à l’agence. »

Son conseil : ne pas chercher systématiquement le sujet « qui fera des vues », mais partager un point de vue réel. « Quand une publication est sincère et authentique, cela se ressent. »

4. Trouver son rythme et tenir dans la durée

L’une des erreurs fréquentes est de confondre régularité et obligation de publication. Produire du contenu uniquement pour alimenter un algorithme finit souvent par produire des messages sans relief.

Pierre Doucet préfère privilégier l’idée au calendrier : « Je ne cherche pas à produire beaucoup de contenu. Je préfère avoir une bonne idée plutôt que publier régulièrement sans intérêt. »

Myriam Tord fonctionne de manière similaire : « Je publie uniquement lorsqu’un sujet m’interpelle. Lorsque j’ai une idée, je la note sur mon téléphone ou je rédige directement la publication. »

Pour autant, la constance reste indispensable. « Les premiers effets n’apparaissent pas avant six à douze mois. La première année paraît lente.

La deuxième année change la donne. Les contenus passés continuent de produire des effets. Le réseau s'étend. Les mentions arrivent sans avoir été sollicitées.

La troisième année redéfinit la position. Le professionnel devient incontournable sur son segment »
, rappelle Stanislas Lucien. Le personal branding est un investissement de long terme, basé sur l’accumulation.

5. Montrer son visage, sans tomber dans l'autopromo permanente

Dans le tourisme, l’humain est un facteur de différenciation majeur. Les contenus incarnés créent davantage de proximité.

Myriam Tord l’a constaté sur LinkedIn : « Au départ, je n’avais pas spécialement envie de mettre mon visage en avant, mais les publications où l’on voit clairement une personne attirent davantage l’attention. »

Jessica Sorin partage cette analyse : « La vraie clé, c’est depuis que je me montre : j’incarne personnellement notre communication. C’est ce qui crée la confiance. »

Cela peut passer par des vidéos courtes, des retours d’expérience, des coulisses d’agence, des analyses de tendances ou des prises de position sur l’évolution du métier.

Pierre Doucet a choisi un format très direct : « On est des distributeurs de bonheur, en 20 secondes. » Ses vidéos courtes, filmées en une seule prise, mettent en avant des destinations ou des situations du quotidien.

Pour Lionel Rabiet, l’un des patrons les plus réguliers dans la prise de parole sur le réseau social professionnel LinkedIn, il ne faut pas se perdre dans ses publications.

L’autopromotion est, en quelque sorte, logique, mais elle ne doit pas être systématique, sous peine de voir son audience s’éroder.

« Nos fils LinkedIn sont comme des magazines, avec des articles et de la pub. Qui va acheter un magazine où il n’y a que de la pub ? Personne. Donc, il faut trouver un équilibre.

Je vois de plus en plus de posts rédigés par l’IA, un copywriter, un journaliste ou une boîte externe, ça se ressent immédiatement. Quand Myriam Tord poste, on sait tout de suite que c’est elle qui écrit. Pareil pour moi. C'est ce qui créé de l'engagement. Il faut juste avoir des choses à dire, sans se forcer.

Par contre, je publie sans nécessairement regarder l’heure, ni le jour. J’ai besoin que l’idée sorte et de passer à autre chose. Puis, j’ai l’impression que l’algorithme de LinkedIn ne sanctionne plus ce genre de comportement
», nous confie le patron de Voyages d'exception, qui voit dans le personal branding plutôt un sport intellectuel et une façon de créer une communauté.

Retrouvez l'ensemble du dossier Personal Branding en cliquant ici.

6. Mesurer les vraies retombées : confiance, opportunités et ventes

Le personal branding ne se résume pas au nombre de vues ou d’abonnés. Sa valeur se mesure surtout dans la relation créée avec les prospects et les partenaires.

Chez Manaventura, l’impact commercial est déjà visible : « Une part importante de nos demandes vient aujourd’hui, directement ou indirectement, des réseaux. Plus d’un voyageur sur deux a découvert Manaventura en ligne avant de nous contacter », estime Jessica Sorin.

Pour Pierre Doucet, les réseaux participent à plusieurs objectifs : « visibilité, notoriété et surtout conversion en ventes. Mais tout cela fonctionne ensemble. »

Stanislas Lucien observe également un changement dans le parcours commercial : « Le sujet n’est pas l’influence. Le sujet est la confiance. » Un professionnel connu et identifié inspire davantage confiance avant même le premier rendez-vous.

7. Professionnaliser sa démarche quand elle devient stratégique

Au fil du développement, certains acteurs choisissent de structurer davantage leur communication.

Jessica Sorin a progressivement constitué une organisation dédiée : « Au départ, tout reposait sur moi : l’agence, les dossiers clients, les réseaux, les contenus. Aujourd’hui, deux personnes sont dédiées à la communication au sein du groupe. »

Pierre Doucet a également choisi de se faire accompagner avec un partenariat avec Travel Insight : « L’idée est d’apporter un cadre plus professionnel, sans remplacer complètement ma manière de communiquer. Mon objectif reste de vendre des voyages. »

Dans un secteur concurrentiel comme le tourisme, la capacité à incarner son expertise devient un avantage différenciant. Le personal branding ne remplace pas le savoir-faire d’un agent de voyages. Il permet simplement de le rendre visible.


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